C'est un élément essentiel à la bonne marche de l'exploitation, surtout quand le lieu de l’exploitation, les ateliers de préparation du minerai et la gare d’expédition sont distants de plusieurs kilomètres comme cela était le cas a la mine des Malines. Le transport du minerai vers les différentes destinations, fut longtemps le problème majeur des responsables. Pendant des années, il a été à la charge de bouviers, qui étaient des tacherons, et donc difficilement contrôlable.
Géo Drapier écrit dans sa Monographie de 1912 :
" les minerais extraits, versés dans des couloirs, sont chargés, à leur partie inférieure, dans des bennes en bois. Réunies en convoi, elles sont sorties au jour par la traction animale. Les minerais, conduits aux ateliers de triage, sont versés sur des grilles métalliques qui séparent les parties fines des noyaux suffisamment volumineux pour êtres triés à la main. Après scheidage, un plan incliné automoteur descend les minerais à la cime des trémies de chargement d’un transporteur aérien monocâble. Ce transporteur apporte les minerais, à 3,5 Km. environ de là, à proximité des ateliers de préparation mécanique, installés dans la commune de Saint Laurent le Minier, sur les bords de la Vis ".
Il existe plusieurs moyens transports au fond de la mine et à l’extérieur :
1 -. Le déblayage des chantiers. Le minerai est déblayé des chantiers à la pelle (mandoline) et chargé dans des brouettes ou dans des sacs de portage à dos jusqu’aux wagonnets. On estimait qu’un homme pouvait porter sur son dos de 30 à 70 kilogrammes, en parcourant par jour de 4 à 6 kilomètres avec des relais tous les 80 mètres. On utilisait la brouette sur des distances n’excédant pas 30 mètres. La charge transportée était environ de 50 kilogrammes.
2 - Le roulage intérieur. Le minerai est sorti de la mine dans les wagonnets en bois poussés par des rouleurs, ou bien tiré par des mulets (galerie des mulets). Ainsi amené sur le carreau de la mine, il était trié à la main, dans les ateliers de préparations par les trieurs et les trieuses qui séparaient le minerai brut et le minerai à griller .
3 - Le plan incliné. Ce plan sert à descendre le minerai du carreau de la mine au bas de la montagne, à la recette, endroit où les bouviers viennent charger. Equipé d’un seul wagon, sa capacité sera doublée en 1892 afin de parer à l’augmentation de la production de minerais bruts et la vente de minerais marchands
4 - Le transport du carreau de la mine à la gare de Ganges. Les minerais marchands issuent du triage et du grillage sur le carreau de la mine, étaient amenés directement à la gare de Ganges par les chars à bœufs tirants des tombereaux de 800 kilogrammes à 1 tonne de charge utile.
5 - Le transport du carreau de la mine aux ateliers du bord de la vis. C'est dans les ateliers de la Meuse et de la Papeterie qu'était enrichie une grande partie du minerai trié sur le carreau de la mine.Le transport se faisait de la même façon que le transport à la gare de Ganges, plus tard par les chevaux de la mine et enfin, en 1910, par un câble aérien.
6 - Le transport des ateliers à la gare de Ganges. Après la transformation du minerai dans les deux ateliers du bord de la vis, il était directement conduit à la gare de Ganges par tombereaux tirés par des bœufs remplacés plus tard par des chevaux. Le minerai était alors transporté dans de grosses charrettes tirées par 5 chevaux. Ceux-ci se reposaient dans des remises situées à Ganges, au chemin vieux.
Les problèmes dus aux transports des minerais étaient innombrables. Il y avait ceux qui sont liés avec les propriétaires des terrains situés à proximité du chemin que le charroi de la mine utilisait, et ceux qui sont liés au bon vouloir des bouviers, mais aussi l’entretien et l’augmentation du matériel devant une production croissante.
Pour ceux qui concernent les chemins, la société des mines des Malines était en permanence en procès avec les riverains pour diverses raisons :
- le rejet des eaux de l’exhaure et des boues dans le ruisseau de la crenze qui occasionne la pollution de l’eau ainsi rendue impropre à l’irrigation et à la consommation des animaux qui de ce fait s’empoisonnent et meurent.
- l’empiètement sur les propriétés voisines du charroi de la mine qui utilisait le chemin prévu à des transports agricoles et non aux passages de chars à bœufs qui élargissaient le chemin et dégradaient les propriétés.
- la pollution des cultures et des vergers par le passage des chars, il passait en 1900 en moyenne 22 chars par jour sur le chemin de Saint Laurent le Minier à Montdardier. Ceux-ci très chargés, laissaient constamment tomber sur leur trajet des fragments de minerai qui étaient ensuite écrasés par les roues des chars suivants en poussière très fines et polluaient ainsi les cultures avec l’appui du vent.
Quant à ceux qui sont liés aux bouviers, qui étaient loués par la mine, ils étaient dus à des problèmes de travaux agricoles, la récolte des cultures, les vers à soie, le mauvais temps, et parfois la mauvaise humeur de ces derniers.
Autant de problèmes qui obligèrent la direction de la mine à réagir rapidement, car l’expédition des minerais étant ralentie, c’est la survie de la mine qui pouvait être menacée. En 1892, un projet de chemin de fer entre le bas du plan et les laveries de la Meuse et de la Papeterie, était signé par une majorité de propriétaires riverains. Le projet n’a pas abouti. Un service de transport par tombereaux, tirés par des chevaux fut créé. Et, plus tard, en 1910, un transporteur aérien monocâble. système Etcheverry, capable de débiter 30 tonnes à l’heure, sera mis en service.
Les photos et cartes postales anciennes se trouvent sur le site:
http://jcf.cpadesmalines.monsite.wanadoo.fr