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Nous connaissons la façon dont a été exploité le gisement des Malines au travers de quelques rapports. La méthode d’exploitation changeait avec les quartiers. Les remblais provenaient essentiellement d’une carrière située à l’extérieur, à proximité des travaux miniers, mais aussi de galerie d’aérage, d’exhaure ou d’accès aux chantiers...

Un rapport d'octobre 1902 nous apprend beaucoup sur le travail du mineur à cette époque, la perforation en avancement, en abattage, en cheminée, le transport du minerai en mine, le travail des manœuvres, le matériel utilisé..., l’organisation du travail et les rendements :
" l'abattage se fait toujours au fleuret avec la masse, la massette ou le "gillot" et sans règle précise. Chaque mineur chef de chantier, dirige et place les coups de mine qui doivent abattre le minerai. On place les coups de préférence hors des fissures ; les volées sont tirées 10 minutes avant la sortie des ouvriers, on fait exploser les mines de manière que les coups se succèdent et que chacun d'eux dégage celui qui doit partir après. Dans les chantiers de reconnaissance où, en général on est dans la roche assez dure, des coups de mine sont faits à la masse. Un mineur tenant le fleuret en tapant dessus. La perforation est, en moyenne de 0,35 mètre à l'heure. Les journées étant de 10 heures, les volées par chantier étant de 3 coups de mine ayant chacun 0,65 mètre de longueur en moyenne.
Le front de taille étant dégagé de la volée précédente, le chef de chantier juge et place ses coups de mine en faisant appuyer sur le rocher par le manœuvre, un fleuret dans la direction désirée. Il juge mieux ainsi la position qu'il aura quand il sera perforé.
L'attaque se fait à petits coups, pour éviter le glissement du fleuret sur la roche et se continue ensuite avec de l'eau si sa position permet de la conserver ; ou à sec si c'est un coup de culasse ; ce qui arrive le plus souvent, les ouvriers ayant une préférence pour cette position, la frappe étant moins pénible.
Dans le fonçage des puits presque tous les coups sont à l'eau. Le coup de mine percé, la charge à lieu. Le mineur va à son dépôt prendre la poudre qui lui est nécessaire et fait la charge. Quelques minutes avant de sortir il allume, s'assure que tous ces coups ont bien éclatés, et après le déjeuner, déblais son chantier. La dernière volée du soir est déblayée par le poste de nuit, et celle de la nuit par celui du jour.
Avec le pic à tête de marteau, la pointerolle, et la masse, il dégage les roches soufflées et suspendues, carre à peu près son chantier, place un cadre, ou une butte s'il y a lieu, pendant que son manoeuvre rejette avec une pelle les déblais en trémie où ils sont pris par les rouleurs si la galerie possède une voie. Généralement il n'en est pas ainsi. Les avancements sont placés en haut ou en bas des galeries principales et de roulages. Dans le premier cas, le dégagement des chantiers a lieu à la brouette si le sol est sec, sur des planches s'il pleut. Le minerai est jeté dans un couloir ou une cheminée qui dessert ainsi 2 ou 3 chantiers. Lorsque la reconnaissance plonge en descente ou en puits, le manoeuvre mineur aidé d'un deuxième manoeuvre qu'on lui envoie après la volée monte le minerai soit par des échelles ou par des escaliers sur le dos dans des petits paniers pouvant contenir 40 à 50 kg. de minerai.
Le mineur charge les paniers à la binette, où à la pelle et, aide les manœuvres à mettre le faix sur leurs dos. Il est garanti des cailloux qui pourraient tomber par des planchers successifs placés à 6 ou 7 mètres les uns au dessus des autres supportant les échelles et alternant sur la droite et la gauche du puits.
Le fonçage qui ne dépasse guère 10 à 12 mètres est toujours en roche dure, aussi n'est-il pas besoin de le boiser, on le perce pour suivre une cassure dans la roche, un filet de minerai, ou une transition de terrain.
L'abattage dans les dépilages se fait à peu près dans les mêmes conditions ; on dépile en échelonnant les remblais ; par suite le minerai est toujours sous-cavé, les coups sont toujours en culasse, en couronne rarement. Le "gillot" à filet de vis très serré sert dans les abattages avec la masse. Les chantiers sont assez serrés dans les dépilages, ils se communiquent tous. Après le dépilage des coups, les manœuvres jettent à la brouette le minerai dans des couloirs où les rouleurs viennent le prendre. "

Le mineur disposait de la massette de 2,5 Kg. ou bien de la masse de 4 à 5 Kg.. Avec la massette, on admettait une vitesse de 70 coups par minute, tandis qu’avec la masse, le mineur en frappait 50. Le battage à la massette était considéré comme le plus avantageux mais aussi le plus fatigant.

Dans un avancement de 3 mètres carrés de section, selon la dureté de la roche, on estimait que 4 hommes par poste avançaient par mois :
- en roches très dures de : 2 à 4 m.
- en roches dures de : 5 à 10 m.
- en roches moyennement dures de : 12 à 16 m.
- en roches tendres de : 20 à 30 m.

Le travail de perforation au fleuret et à la main est si pénible qu’on cherche partout à le remplacer par la perforation mécanique, qui donne d’ailleurs un avancement plus rapide. La mécanisation, fit son apparition au début du XXiéme siècle. On sait qu’en 1908, les mineurs des Malines utilisaient des perforatrices de marque Dulaix et Forget.

L’aérage des chantiers se faisait naturellement grâce aux galeries donnant accès au jour. Les eaux d’infiltrations étaient dirigées vers une galerie de sortage, puis déversées directement dans le ruisseau de la crenze. Vers 1900, suite aux nombreuses plaintes des riverains, un sommaire bassin de décantation fut construit.

La production de minerai s’est arrêtée en 1933, mais quelques expéditions eurent lieu jusqu’en 1934. C’est la chute des cours des métaux qui fut à l’origine de l’arrêt de l’exploitation.

La mines des Malines a produit durant cette période:
- 448 753 tonnes de minerais oxydés.
- 825 025 tonnes de minerais sulfurés.
soit un total de 1 273 778 tonnes de minerais brut.

Les photos et cartes postales anciennes se trouvent sur le site:
http://jcf.cpadesmalines.monsite.wanadoo.fr


Jean Claude FABRIE
Mars 2004