Les premiers travaux connus sur le site de La Maline datent de 1874. Auparavant, de nombreux points d'attaque de galerie sur des indices superficiels ou, de petites exploitations artisanales ont été innombrables dans la région. Ces exploitants s'intéressaient à des placages, remplissages fissuraux, voire des petits amas de barytine et de bournonite (cuivre gris). C'est l'argent associé à ce sulfo-antimoniure qui captivait ces prospecteurs. La teneur pouvait atteindre 5 kg. par tonne de tout venant.Historiquement, quatre périodes d'activité minière ont été établies :
1 - La période gallo-romaine du IIéme au IVéme siècle après J.C., à laquelle on associe des perles métalliques découvertes à l’intérieur de tombeaux, que la concentration semble centrer sur le district de la mine des Malines.
2 - Le Moyen Age du XIéme au XVéme siècle, dont nous possédons un important et exceptionnel document, la charte manuscrite des mines du Pays d'hyerle, voir le site:
http://jcf.lepaysdhierle.monsite.wanadoo.fr
3 - La période industrielle de la Révolution jusqu'en 1914. C'est la forte demande en métaux due aux guerres napoléoniennes et à l’industrialisation qui entraîna une véritable ruée vers les gîtes métalliques.
4 - La période contemporaine d’après guerres.
C'est dans la troisième période que se situe la période de l'exploitation du gisement des Malines qui nous intéresse. On commence par y exploiter le fer à Saint Julien de la Nef, à Ferrières, à Mont Méjean, au mas Seguin et au mas Lacombe. Dans le même temps, les espaces non couverts par des concessions font l'objet d'exploitations par tranchées et galeries de la part de nombreuses personnes, souvent peu qualifiées, attirées par l'aventure minière. Faute de capitaux pour poursuivre, la plupart de ces travaux s'arrêtèrent sitôt commencés. Ce fut pourtant l'un d'eux qui en 1879 permit de découvrir un gros amas calaminaire au lieu dit La Maline .
Cet amas se révéla par la suite fort riche. Une société fut créée afin de l'exploiter. La prospérité de l'affaire fut exceptionnelle. La société, qui avait été constituée, avait remboursé le capital au 1er avril 1887. Le revenu net, servant de calcul à la redevance des mines (impôt de 5 % prélevé sur les bénéfices), augmentait rapidement partant de 8 000 Fr.(1 200 Euros) en 1887 pour atteindre en 1899 le chiffre énorme de 4 000 000 Fr.(610 000 Euros) correspondant à une production de 40 000 tonnes.
Le minerai abattu était trié à la main, et grillé dans des fours de calcination. Il était descendu aux ateliers du bord de la vis pour y être enrichi et expédié à la gare de Ganges. Tous ces transports se faisaient grâce aux bouviers qui, avec leurs chars à bœufs, causaient beaucoup de soucis aux exploitants, par l'irrégularité de leurs services. La guerre de 1914-1918 fut fatale à la société. Les années qui suivirent furent celles du déclin. L’exploitation de la mine s'arrêta en 1933 et, la fermeture intervint en 1934.
Le gisement qui se situe dans les dolomies bathoniennes se présente sous forme d’amas lenticulaires très irréguliers et très riches, qui ont fait la fortune des exploitants ; amas des Cabrières, amas Andrée, amas Fernand, amas du 56, amas du puits 10 bis. Les minerais sont des calamines plombeuses, des terres calaminaires, des blendes plombeuses, des terres plombeuses et des galènes argentifères.
Le gîte des Malines et son environnement ont été étudiés par de nombreux auteurs. Le premier rapport que nous possédons, est celui du garde mine Bonne du 8 novembre 1884. Vient ensuite, la monographie de la mine des Malines de Géo Drapier en 1912, publiée à l’occasion du XLIéme Congrès de l’Association Française pour l’avancement de la Science, dont s'inspire plus ou moins M. Grandjean en 1927. Par la suite, de nombreux géologues publièrent de nombreux rapports et publications. Souvent considérés comme des sorciers, ils contribuèrent à l’évolution géologique du gîte et à sa prospérité. Grâce à leurs travaux, l’exploitation et les minéralisations des Malines sont connues dans le monde entier.